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Tsahal est une des rares armées qui compte des femmes pilotes de chasse dans ses rangs. Risquer sa vie ou se faire enlever ne semble pas effrayer ces jeunes filles qui n’ont pas froid aux yeux. Mais se sont souvent les familles de ces jeunes femmes qui s'inquiètent. Cette semaine, se tenait la cérémonie au cours de laquelle une nouvelle promotion de pilotes de combats recevait ses ailes de pilote. A cette occasion, Infolive.tv vous présente l'une d'entre elles, le lieutenant Sharon. 01/07/07
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TitreDate Catégorie Popularité
    

Commentaires

sharon

Soumis par Anonymous le lun, 03/03/2008 - 22:55.
bravo sharon,et bon courage.les hommes n ont qu a bien se tenir. l.c.

Eh oui il lui en faudra...

Soumis par Anonymous le dim, 09/07/2008 - 10:40.
Du courage tu l'as dit... il lui en faudra vu qu'elle n'ose même pas montrer son visage dans le reportage. Normal, y a pas besoin d'être Jeanne d'arc pour lacher une bombe à 5OOOm d'altitudes...Sur terre, c une autre histoire...

reponse à Anonymous

Soumis par Anonymous le mer, 10/10/2007 - 01:50.
je n'aime pas les anonymous soit tu est arabe et que tu ne comprend pas le moyen orient c' est dans les génes a ce qu' il parait et le soleil sur la tête soit t'est européen qui tourne sa veste quand il s' agit de sapetite vie comme pendant toute les guerres en europe il faut te faire soigner la tête les malades sont dans chaque culture et arréte de te fare passer pour un lettré cracher sur les autres tu doit etre arabes c' est la spécialité de la region

femme pilote

Soumis par Anonymous le lun, 09/17/2007 - 03:39.
je ne suis etonne de voir une femme pilote de guerre ; en israel les femmes ont toujours ete presentes a tout les nivaux militaire et hierarchiques ; autre choses je ne comprend pas que le moderateur laisse passes certains commentaires frisant la haine et la judeophobie

LES DOUZES COMMANDEMENTS RACISTES JUDEONAZIS

Soumis par Anonymous le sam, 07/07/2007 - 15:52.
Voici les fameuses règles que chacun doit avoir à l’esprit pour bien comprendre ce qu’il en est des Palestiniens et des Libanais face aux sionistes : Règle numéro 1 : Au Proche Orient, ce sont toujours les arabes qui attaquent les premiers et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles. Règle numéro 2 : Les arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme. Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense. Règle numéro 4 : C’est seulement quand Israël tue trop de civils, que les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale. Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépassent pas trois soldats. Appelez cela ce que vous voulez, pourvu que cela ne fâche pas les sionistes. Règle numéro 6 : Les israéliens ont le droit d’enlever autant de palestiniens qu’ils le souhaitent. Ils ont déjà des milliers de prisonniers dans leurs sinistres geôles, dont des enfants.... Il n’y a aucune limite à leur banditisme dans la région et n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Pour eux, tout Arabe et tout musulman sont nés chacun avec l’étiquette "terroriste" collée au front. Il ne reste qu’à les cueillir pour les enfermer, quand ils ont la chance de s’en sortir vivants. Règle numéro 7 : Quand vous dites "Hezbollah", il faut toujours rajouter l’expression « soutenu par la Syrie et l’Iran ». Comme si la Syrie et l’Iran sont des pays peuplés de martiens viscéralement hostiles au genre humain. Règle numéro 8 : Quand vous dites "Israël", Il ne faut surtout pas rajouter après : « soutenu par les Etats-Unis, la Grand Bretagne et tout le reste du monde occidental », parce que c’est tout à fait normal : y’a même intérêt ! Règle numéro 9 : Ne jamais parler de "Territoires occupés ", ni de "résolutions de l’ONU" ni de "violations du droit international" ni des "conventions de Genève". Tout cela ne s’applique qu’aux "goujats" arabes. Les sionistes sont à priori des gens mieux et plus civilisés que n’importe qui et donc dans leur bon droit. Règle numéro 10 : Les Israéliens et les Sionistes de chez-nous, parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Et c’est ainsi qu’ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique. Règle numéro 11 : Sur les plateaux de télévision et dans les studios de la radio les sionistes sont toujours et obligatoirement invités pour parler d’eux-mêmes et justifier le gangstérisme d’Israël. Et pour faire bonne mesure par égard aux "débiles" qui les regardent, ce sont d’autres sionistes de chez nous ou venus même d’Israël, présumés "spécialistes" du monde arabo-musulman, qui sont toujours et obligatoirement invités pour disserter, en académiciens bien attitrés, sur les Palestiniens, sur les Arabes et sur les Musulmans, comme s’il s’agissait de microbes ou d’animaux exotiques, de véritables bêtes incapables de parler d’eux-mêmes. C’est cela faire preuve d’objectivité médiatique et de débat contradictoire, quand il s’agit du banditisme israélien. Règle numéro 12 : Si vous n’êtes pas à priori d’accord avec toutes ces règles, vous n’aurez jamais le droit à la parole dans les médias. Si vous réussissez à vous exprimer ailleurs pour dénoncer ces règles c’est que vous êtes un antisémite notoire, voire un dangereux terroriste d’obédience islamiste

12 commandements

Soumis par Anonymous le dim, 03/09/2008 - 17:01.
La haine c'est la colère des faibles, écrivait Alphonse Daudet. Nous, Occidentaux, nous avons été élevés dans la morale judéo chrétienne et nous préférons faire l'amour que faire la haine. Les Musulmans ont un livre appelé coran où à chaque page on leur apprend plutôt à tuer, soumettre et renier l'autre. J'ajouterai qu'il y a des hommes et des peuples dont il est glorieux d'être haï. Alors, vous les islamistes, haïssez-moi. Le Zélote.

tu devrais postuler pour le

Soumis par Anonymous le jeu, 03/06/2008 - 23:04.
tu devrais postuler pour le prix nobel de la propagande avec arafat 2 prix nobel arabes ca commence a faire beaucoup la...

vs ne controllez rien vs etes de la poussiere et vs le resterez

Soumis par Anonymous le Mar, 02/19/2008 - 13:56.
LO YANOUM VE LO YICHAN CHOMER ISRAEL appelle cela comme tu veux mais c'est ca qui ne vs permettra jamais de mettre un pied sur notre terre... malheuresement je suis certain que toi comme tout ton peuple n'avez pas ne serait-ce qu'un tout petit pourcent d'intelligence pour comprendre ce que je dit.

ACTIF: RETOUR A L'ENVOYEUR!

Soumis par Anonymous le mer, 08/08/2007 - 15:42.
LES DOUZES COMMANDEMENTS DES NAZIS-ISLAMISTES. Les ilsamistes et non les musulmans qui sont en général des gens comme vous et moi qui souhaitent vivre en paix et voir leurs enfants grandir et se réjouissent lorsqu'ils réussissent dans la vie. Exemple de la folie des extrémistes arabes: règle N°1 Tu éduqueras tes enfants dans la haine et tout petit tu leur apprendras comment il faut tuer et égorger les juifs. Règle N°2 Les médias du Hamas à la télé feront leur éducation en présentant les israéliens comme des tueurs et les assassins de Mickey pour marquer leurs cervaux à jamais. Règle N°3 Les Imans du Hamas feront des prêches pour que de jeunes hommes et femmes se fassent exploser dans des bus ou à la terrasse des cafés pour tuer un maximum de civils juifs. Règle N°4 Ces kamikases deviendront des martyrs et ils rentreront dans le royaume d'Allah où ils vivront "pour les hommes" entourés de 40 vierges... Règle N°5 Tu ne feras pas de distinction entre juifs et musulmans lorsque "la cause" est dictée par les enturbannés ( Voir ce qui se passe entre arabes en IRAK ) où ces braves gens font sauter une fois des mosquées chiites une autre fois des mosquées sunnites en représailles sans compter les marchés et autres endroits où ils peuvent faire un maximum de morts. Règle N°6 Israël avec 22000 km2 est encore trop grand et il faut pour les dictateurs et rois arabes du Moyen-Orient détruire cet abcès qui les empêchent de continuer à tenir leurs peuples qui commencent à voir clair. Règle N°7 Au lieu de faire profiter des milliards de dollars aux arabes qui vivent dans la pauvreté tu feras en sorte que cet argent serve à acheter des armes et des hommes comme au SOUDAN pour faire des razzias sur la population noir du DARFOUR.Règle N°8 Avec l'argent du pétrole tu essaieras d'acheter les voix à l'ONU pour faire condamner l'état juif. Règle N°9 Tu feras comme le grand frère Arafat tu penseras à t'engraisser avec l'argent donné par les pays occidentaux et américains en faisant profiter ta cour qui t'aidera à tenir le petit peuple tranquille. Règle N°10 La dictature prolétarienne tu en feras une arme qui te permettra de t'appuyer sur la religion pour maintenir les arabes sous ta coupe et tu feras des juifs le bouc émissaire de tes débordements. Règle N°11 Le terrorisme islamique sera l'expression de la force et permettra d'étendre sa puissance sur le monde. Règle N°12 La finalité des préceptes des nazis-islamistes sera de convertir la Terre en assassinant tous ceux qui se refusent à se plier à l'Islam même si cela doit déclencher la 3ème guerre mondiale Dieu retrouvera les siens!... Voilà ce que l'on peut dire en retour de ta prose. Si j'avais voulu m'exprimer comme tu le fais sur Infolive sur le site pro-arabe j'aurais été sensuré!....

marc de paris

Soumis par Anonymous le jeu, 07/05/2007 - 22:15.
il ne dort ni ne sommeil celui qui est le gardien d'israel elle sont belles , avec du courage , hazak , israel a de la chance d'avoir de si grand soldat, longue vie à israel , la seule democratie du moyen orient

"ELE EST BELLE LA DEMOCRATIE"

Soumis par Anonymous le sam, 07/14/2007 - 01:25.
Aharon Shabtai, grand poète israélien et hélleniste de renommée mondiale, nous livre ses réflexions sur l’art et la politique, et sur l’influence de l’occupation sur la culture israélienne. Dans ce très beau texte qu’il nous fait parvenir et qu’a traduit Anne-Marie Perrin, il souligne que "Dans les circonstances actuelles de barbarie, qui rappellent celles qui ont jadis prévalu en Allemagne, en Russie, en France et en Amérique, les écrivains sont sommés de prendre la parole, de prendre une posture politique claire et morale, de résister." "L’art sans espace politique, ajoute-t-il, est comme la pâte à modeler qu’on donne aux malades mentaux et aux enfants - parce que ceux qui n’ont pas de responsabilité relative à l’espace politique sont des esclaves et des enfants." A lire absolument. Mieux valent les clameurs de défaite d’aujourd’hui que l’exultation triomphaliste de 1967. (Interview réalisée par Nir Nader) Comment caractériseriez-vous la relation entre la culture israëlienne d’aujourd’hui et l’Occupation ? Shabtai : Israël est un pays dont les options vers le changement se ferment l’une après l’autre. Dans le passé, il avait la chance de devenir un Etat-Nation sain, en établissant des relations avec les Palestiniens et les pays voisins. Cependant, plus il persiste avec l’Occupation, et plus il dépend de la force, plus étroites sont ses options politiques. La propagande utilisée pour justifier la violence de l’Occupation a un effet orwellien sur la mentalité israélienne. Il en résulte un émoussement patent de la sensibilité morale et éthique. Le discours public est façonné dans des moules mensongers, une sorte de "novlangue". Il en va amplement de même dans la sphère culturelle. Israël est en train de devenir une colonie sous égide américaine, de même que l’ancienne Rhodésie ou l’Afrique du Sud l’étaient par rapport à la Grande Bretagne. Cette colonie est dirigée par les oligarques, l’armée et le Shin Beth. Le pays est une prison. Il inclut trois millions et demi d’habitants natifs, qui sont parqués dans des cellules territoriales, dans des camps et des ghettos, tandis qu’Israël met en œuvre une politique démographique distinctement raciste, orientée vers la purification ethnique. La prison dispose aussi d’aménagements spéciaux pour les geôliers israéliens. Ceux-ci vivent dans des bulles, coupés de la réalité des natifs. Quelque chose comme la Zone Verte à Bagdad. Ici, comme là-bas, nous avons des parcours de golf, des cafés, des résidences et des organismes culturels pour les familles des dirigeants. Au sein de la colonie, les propos politiques se limitent à l’économie et à la sécurité, à la question de savoir comment accumuler du capital et comment éliminer les habitants natifs. Pourtant l’Israël d’aujourd’hui n’est pas monolithique. C’est une société qui s’est détachée de ses valeurs sionistes fondamentales, qui a pris ses distances par rapport à la solidarité sociale et abandonné ses propres citoyens. On l’a vu lors de la guerre de 2006, et auparavant dans l’élimination du réseau de sécurité sociale. Shabtai : Oui, parce que dans une colonie raciste, les institutions sociales et étatiques s’érodent. De nos jours, dans une période d’impérialisme global, la politique se privatise. Les instruments de la politique - médias, partis, syndicats - dont la fonction et de promouvoir le changement, de guérir, de restaurer la solidarité, ont été vidés de leur contenu et cédés à des intérêts particuliers. Dans le même mouvement, la culture et l’enseignement supérieur sont aussi conçus comme des objets privatisables. Ils sont censés être "émancipés de la politique", "objectifs" --en d’autres termes, ils sont supposés s’ajuster au consensus. En Israël aujourd’hui, la politique et les politiciens sont objets d’anathème. Voilà le symptôme d’une société nationaliste de masse dont les héros sont les oligarques --tel [Arcadi] Gaydamak-- et les généraux --tels [Ariel] Sharon ou [Ehud] Barak. Les anciens Grecs avaient un terme pour désigner le citoyen qui ne s’intéresse qu’à ses intérêts personnels et reste en dehors de la vie politique. Ce terme était idiotes. Il convient maintenant aux Israéliens. Ces gens sont des idiotai, non des politai (citoyens au vrai sens du mot). Ils n’ont aucune part à l’organisation politique ni aux luttes politiques de quelque importance. Dès lors, ce qu’un universitaire a écrit contre mon poème “Non, Sapho” (voir infra) est typique. Il m’a accusé d’avilir la grande poétesse de l’amour. Sapho écrivait que ce qu’il y a de plus beau, ce n’est ni des bataillons de soldats, ni la cavalerie, ni la marine, mais la personne qu’on aime. Elle s’opposait à la mentalité dominante de son temps --telle que l’illustre la poésie lacédémonienne de Tyrtaios-- et, à la place, offrait aux citoyens un éthos érotique. Dans mon poème, j’actualise le thème, en proposant (non sans humour) quelque chose d’autre, quelque chose qui convient à notre époque et à Israël : de considérer comme belles la solidarité de la classe ouvrière et la liberté. Le premier poème uniquement lyrique est le « Certain montagnard... » d’Archilochos, qui raconte sans rougir comment le poète s’est débarrassé de son bouclier au milieu de la bataille, au moment où le combat devenait intense. C’est un poème qui définit la fonction éthique et civique de la poésie. Le poète transgresse les valeurs héroïques admises et illustre le droit à exercer son jugement et à formuler un principe nouveau (logos). Le droit de refuser une mort absurde est présenté comme une valeur adéquate pour un citoyen libre. Dans l’Israël actuel, au contraire, c’est la sagesse conventionnelle qui veut que des éléments de culture, comme des poèmes, existent en soi et pour soi, dans une sphère à part, qui n’a rien à voir avec la construction d’arguments, en particulier de déclarations politiques. Ce qui est politique est tenu pour vulgaire et trivial. La littérature et la culture n’ont rien à faire avec un éthos civique. C’est une culture d’idiotai, dans laquelle chacun ne se soucie que de soi, et où tous les problèmes se liquident dans le dos de l’individu, devenant alors des traumatismes d’un ego dilaté et replié sur soi. L’art privatisé, en rapport avec les vies des idiotai, devient une branche de la psychologie. C’est aussi ce qui s’est produit aux Etats-Unis. Il était d’usage que la poésie y soit engagée et militante, en particulier pendant la guerre du Viet-Nam. En quelques courtes années, après que l’administration Johnson a fondé la Dotation Nationale pour les Arts, elle est devenue une poésie d’ateliers d’écriture sur les campus. En Israël aussi, les ateliers d’écriture sont encouragés. Ils constituent des niches économiques florissantes dans la thérapie par l’art, en aidant les gens à s’adapter. La psychologie est devenue une idéologie. Tous les traumatismes d’une société caractérisée par le meurtre militaire et l’exploitation sont intériorisés, ressurgissant en tant que problèmes de l’individu isolé dans un nationalisme de masse. Ces problèmes sont toujours d’ordre privé ; l’individu devient un patient. De cette manière, les individus reçoivent leur privatisation comme un don. Ils sont immergés dans une enfance perpétuelle comme les géants de l’Age d’argent chez Hésiode, chacun d’eux étant « élevé aux côtés de sa bonne mère pendant cent ans, véritable niais jouant puérilement dans sa propre maison ». Tout va ainsi vers la thérapie clinique. L’art comme psychothérapie est au service d’une idéologie dans laquelle tous sont des individus, sans espace politique (une agora), sans un espace où les problèmes personnels, qui sont politiques par nature, atteignent en tant que tels la conscience et trouvent leurs vraies solutions. L’art sans espace politique est comme la pâte à modeler qu’on donne aux malades mentaux et aux enfants - parce que ceux qui n’ont pas de responsabilité relative à l’espace politique sont des esclaves et des enfants. La politique appartient aux citoyens, c’est-à-dire aux adultes. De nos jours, l’art et la littérature maintiennent au jardin d’enfants ceux-là qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, devenir adultes. Ceci me frappe, néanmoins, comme une généralisation. Après tout, l’Occupation est reconnue comme un enjeu majeur par l’ensemble du courant dominant israélien, y compris par les écrivains institutionnels. Shabtaï : Vous faites référence à des intellectuels et à des écrivains en vue de l’espèce de ce qu’un de mes amis, Nimrod Kamer, appelle “la gauche molle” : Amos Oz et David Grossman, par exemple, Dans leur cas, je voudrais dire que s’est appliqué le principe de co-option. Le pouvoir en place les adopte, les co-opte - telle est la méthode. Ils vocifèrent, sur un plan général, contre l’Occupation, et cette posture leur confère une crédibilité quand ils soutiennent le régime sur toute question spécifique de quelque importance. C’est ainsi qu’ils ont appuyé les Accords d’Oslo, la duperie de Camp David de juillet 2000, les mesures prises contre l’Intifada et la deuxième guerre du Liban. Les écrivains de la gauche molle ne donnent pas de contenu politique à la littérature, mais font plutôt l’inverse : au lieu de pousser à la décision vers l’action, ils subliment la politique en culture. L’Occupation, entre leurs mains, devient la psychomachie de la belle âme israélienne tourmentée. Ils se sont débrouillés pour en faire un cliché du discours culturel israélien. Même Ariel Sharon et Ehud Olmert ont dit qu’ils étaient contre l’Occupation. Ceci a été normalisé, pour devenir une branche de la culture, le matériau d’une interminable auto-flagellation narcissique, pour des films, des conférences, des thèses de doctorat et des carrières universitaires. De cette manière, on a exproprié l’Occupation hors du domaine de la lutte et on l’a reléguée dans une psychothérapie pour jardin d’enfants. Nous atteignons enfin un point où l’Occupation devient une graphomanie. Les gens sont saturés d’en entendre parler. C’est pour cette raison qu’aucune littérature importante ne s’est développée depuis Oslo, bien plutôt de médiocres niaiseries qui contribuent au philistinisme de la vie sociale, recyclant l’ « expérience israélienne » figée dans son immobilisme. Parce que la littérature possède assurément une mission éthique et politique. J’emploie le mot politique au sens grec classique. La pierre de touche de la littérature est le niveau auquel elle coopére ou ne coopère pas avec le régime pour forger un consensus. La culture est un laboratoire idéologique, qui recourt à des récits auxquels on adhère pour créer une représentation de la réalité. Elle invente des définitions et des séparations (Juifs/Arabes, par exemple) qui pourvoient l’individu d’une identité. Ce qui distingue les grands écrivains et poètes, c’est le fait qu’ils créent une résistance et qu’ils offrent une alternative dans la manière d’être. Aux périodes d’urgence, de tels écrivains sont directement liés au politique. Résister ressortit à l’essence de la vie. Chacun ressent la pesanteur, l’inertie et les forces de friction quand il avance ou qu’il agit en tant qu’individu. D’un autre côté, il y a une énorme pression, ouverte et dissimulée, pour faire de vous un « bon garçon », pour vous faire souscrire au conformisme. Un poète authentique a le courage et la lucidité d’instaurer la résistance dans la vaste sphère éthique, précisément là où l’individu est incité à s’adapter à la norme. Ce qui induit une contrainte sur ses goûts, ses valeurs, sur la langue dont il fait usage. Mais le thème de l’interview est une situation spécifique. Nous ne sommes pas aux Pays-Bas. Dans les circonstances actuelles de barbarie, qui rappellent celles qui ont jadis prévalu en Allemagne, en Russie, en France et en Amérique, les écrivains sont sommés de prendre la parole, de prendre une posture politique claire et morale, de résister. Donnez-moi des exemples de ceux qui ont agi ainsi, qui se sont opposés. Shabtaï : Socrate. Il s’est élevé contre sa société, prêt à mourir. La prescription éthique majeure à Athènes était de nuire à votre ennemi et de faire du bien à votre ami. Socrate n’est pas d’accord. Il donne priorité à ce qui est juste. Sur cette base, il maintient qu’il vaut mieux subir le mal que le faire. Après la chute de la démocratie athénienne, les dictateurs ont pris l’habitude d’envoyer des citoyens arrêter ceux qu’ils identifiaient comme opposants, ou dont ils désiraient confisquer les biens. Socrate et quatre autres ont reçu l’ordre de leur amener un homme du nom de Léon. Il a refusé, mettant sa vie en péril. Il n’a été sauvé que grâce à un changement de régime. Plus tard, on l’a accusé de blasphème et de corruption de la jeunesse, ce pour quoi il a été condamné à mort. Son discours lors du jugement, connu sous le nom d’Apologie, est le texte politique fondamental de l’Europe. La plupart des écrivains de premier ordre ont été des opposants, dans un sens ou un autre. Ce n’est pas par hasard que même des écrivains éloignés de tout radicalisme comme Flaubert ou Baudelaire ont été mis en jugement. Il existe des périodes tranquilles durant lesquelles l’opposition n’est pas manifeste. Mais, dans des circonstances particulières - telles que l’oppression, l’écrasement des droits de l’homme, le fascisme - les écrivains doivent prendre position. En Israël cependant, comme je l’ai déjà dit, ils s’alignent d’emblée avec le régime. Amos Oz, Yehoshuaz Sobol, A.B. Yehoshua et David Grossman ont soutenu la guerre du Liban durant laquelle l’aviation a tué plus d’un millier de civils, détruit des villages, détruit des quartiers à Beyrouth. Ce sont des moments tels que celui-là qui sont la pierre de touche de l’écrivain et de l’artiste. On peut citer nombre d’exemples de grands écrivains, et pas nécessairement de gauche, qui ont refusé de collaborer avec leurs régimes. Ainsi, au point culminant de la ferveur patriotique en Autriche, Stefan Zweig s’est opposé à la première guerre mondiale. Il a quitté son pays et déclaré sa solidarité avec le peuple de France. Thomas Mann s’est opposé aux nazis bien avant Auschwitz et s’est exilé dès 1933. Après quoi il a écrit et parlé d’abondance contre les pouvoirs en place dans son pays. Ses livres ont été brûlés en Allemagne. Sa Montagne magique décrit comment une société entière est transformée en une société de malades, en une clinique, comme c’est le cas en Israël aujourd’hui. Est-ce qu’une culture israélienne hébraïque peut survivre longtemps dans une région qui est arabe, une région si complètement différente ? Shabtaï : Voilà, certes, le principal problème. L’Occupation, l’armée et le capitalisme sont en train de détruire le pays, à la fois le paysage lui-même et le paysage humain, dont les Palestiniens, qui ont leurs racines ici, constituent une partie. Pour Israël, l’exemple à suivre aurait dû être des pays tels que la Belgique, la Suisse et le Canada, des Etats qui fournissent un cadre dans lequel des groupes divers peuvent vivre ensemble. Le monument le plus représentatif de la culture israélienne d’aujourd’hui est le mur de séparation. Ceci est enfoncé comme un coin dans la conscience nationale et dans la littérature hébraïque. Le mur est le point de fixation que la littérature ne cesse de recycler. Cette littérature ne fonctionne pas en tant que moyen de créer une opposition, de changer la vie. De sorte qu’il n’y a pas de changement dans la vie, plutôt dans le seul style de vie. Parmi les nuages sombres que vous décrivez, pouvez-vous apercevoir quelque lumière ? Shabtaï : Si la société possède un instinct d’auto-préservation, alors un changement interviendra. Il y aura une révolution. Voyez, tout s’accumule aujourd’hui contre les jeunes. Ils n’ont pas d’avenir. A Jérusalem, dans les récentes manifestations étudiantes, la jeunesse a commencé à réclamer une révolution, et des passants traversaient la rue pour se joindre à eux. Voilà un signe de changement. Cela arrivera tôt ou tard. De ce point de vue, l’échec d’Israël dans la seconde guerre du Liban est de même un signe encourageant. Cela peut sembler bizarre, mais les clameurs de défaite qu’on entend aujourd’hui sont préférables à l’exultation triomphaliste de 1967. Le militarisme israélien est voué à l’échec dans une société où s’aggravent l’exploitation et la pauvreté. La révolte actuelle n’est pas encore politique, parce que prise de conscience et solidarité demeurent limitées. Il existe quelques exceptions, comme le groupe de jeunes poètes qui ont fondé le journal Ma’ayan. Leur mode d’action fait penser à des mouvements radicaux en art comme celui des dadaïstes. Ils étaient opposés à la guerre au Liban et ils témoignent beaucoup de considération à la fois pour les Arabes et pour les Juifs. Mais, pour le moment, la plupart des jeunes ne représentent aucune menace pour le pouvoir établi. Le chauvinisme et la haine des Arabes continuent à rendre possible l’exploitation de la jeunesse et des pauvres. En tant qu’écrivain, je me vois comme quelqu’un qui agit à l’intérieur d’un système. La poésie n’est pas une correspondance privée. Elle se fait au sein d’un système relié à d’autres systèmes. C’est seulement de cette façon que la poésie a une fonction et une place dans le domaine public. A l’intérieur de ces systèmes politique et culturel, un débat est amorcé, la pensée est en route et une lutte s’engage pour le changement et le renouveau. Dans la situation présente, les systèmes politique et culturel ne fonctionnent pas. Les embrayages restent sans prise. Leur vacuité et leur trivialité vous dissuadent. Ou bien vous êtes un bon petit garçon confiné dans la clinique avec tout le monde, ou bien vous devenez un dissident, actif depuis les marges. Dans le Fragment 16, Sapho mentionne une femme du nom d’Anaktoria, dont l’absence lui pèse. Les 15 shekels mentionnés dans la réponse de Shabtai correspondant à peu près à trois euros et demi. Non, Sapho. Ce qu’il y a de plus beau, disait Sapho, c’est l’être que vous aimez. Je dis que non, Sapho. L’être que vous aimez n’aura pas de beauté Aussi longtemps qu’un entrepreneur ou une entreprise ou une agence d’embauche sucera son sang - A quinze shekels l’heure, il n’y a pas d’avenir pour la beauté. Les âneries dont ils vous ont abreuvée, laissez-moi vous les sortir de la tête. Anaktoria ne sera pas belle si elle est forcée de se prostituer. Attis ne s’ornera pas de fleurs si l’usine est fermée et transférée au Caire. Dès lors, la chose la plus belle, la condition préalable de la beauté, est la lutte des classe. Vous aviez raison, Sapho. Ce ne sont pas les cavaliers, ni les guerriers, ni les destroyers, Mais la solidarité entre travailleurs, la coopération et l’égalité. Quand celles-là prévaudront, Alors les cieux et la terre s’étreindront dans les yeux de l’être bien-aimé. Dès lors, ce n’est pas non plus parmi les littérateurs, ni à l’université, ni au concert, Que vous trouverez la beauté aujourd’hui, mais dans l’union des travailleurs - Les éboueurs, les bennes à ordures, Sapho, sont ce qu’il y a de plus beau. (A partir de la traduction anglaise d’Avda Levin). (Aharon Shabtai a publié 18 recueils de poésie en hébreu. Ses traductions en hébreu du théâtre grec, ont été couronnées par de nombreux prix. Deux de ses livres ont paru en anglais : Love and Other Poems (New York : The Sheep Meadow Press, 1997) et J’accuse (New York : New Directions, 2003). En écho au titre de la diatribe de Zola contre l’antisémitisme pendant le procès de Dreyfus, les poèmes de J’accuse mettent en cause les pratiques israéliennes pendant l’Occupation. Des traductions de l’œuvre de Shabtai ont été publiées dans les principales revues poétiques en langue anglaise et il a récemment contribué à l’Anthologie Rouge, Aduma)

mon dieu tout ca pour

Soumis par Anonymous le jeu, 03/06/2008 - 23:15.
mon dieu tout ca pour omettre de parler des dictatures arabes qui pratique le dimies depuis des siecles ou une seul caste a le pouvoir et ou les diffenrentes commautes n ont pas les memes droits les juis des pays arabes n ont jamais etaient considerees comme des citoyens a part entiere et ou le faschisme islamiste regne en maitres ou les opinions diffenrebtes sont banis au prix d executions sommaires ou les femmes adulteres et les homo sont pendues et lapides etc etc et toi avec ta dicertation d intellectuelle mal baise tu viens faire la morale a la seule democrtie de la region ou des deputes arabes siege a la knesset et on le droits de sortir les memes inepties haineuses p pauvre rigolo

Tant que tous se passe dans

Soumis par Anonymous le ven, 07/06/2007 - 17:44.
Tant que tous se passe dans le réspect sans insules et propos antisemiteje ne voie pourquoi chacun ne pourrait pas s'éxprimé .

commentaires qui suivent

Soumis par Anonymous le jeu, 07/05/2007 - 18:01.
faut-il vraiment donner la parole à toute cette haine?d'ailleurs qui le lit dans son intégralité?la volonté d'info live de "neutralité" m'indispose, et pour une fois j'aimerais échapper à toute cette partialité désinformatrice,tant de la part de l"extrême gauche israelienne"-que des arabes-un havre de "repos"me conviendrait-avis au responsable!!!

Pour la liberté d'éxpréssion

Soumis par Anonymous le ven, 07/06/2007 - 17:39.
Je ne suis pas d'accord,bien au contaire infolive prouve qu4Israel est un état démocratique et qu'il ne pratique pas la sencures.

NURIT PELED

Soumis par Anonymous le Mar, 07/03/2007 - 01:59.
DISCOURS DE NURIT PELED Publié le 15-06-2007 A l’occasion de la commémoration des 40 ans d’occupation israélienne, Nurit Peled a fait un discours sur le racisme et les crimes d’Israël, elle a lancé au monde un appel qui donne, comme chacune de ses interventions, la chair de poule. "Bonsoir. C’est un grand honneur pour moi d’être sur cette scène aux côtés de mon ami et frère Bassam Aramin, un homme du camp de la paix palestinien, un des fondateurs du mouvement des Combattants de la paix dont deux de mes enfants, Elik et Gaï, sont membres. La semaine dernière, mardi à Anata et jeudi à TulKarem, le mouvement des Combattants de la paix a réussi à organiser deux rassemblements et a recruté dix milliers de Palestiniens pour son objectif - une lutte non violente contre l’occupation, mêlant étroitement Israéliens et Palestiniens. N’étaient les lois racistes de l’Etat d’Israël, ces milliers de personnes pourraient être ici, avec nous ce soir, pour prouver une fois pour toutes que nous avons un partenaire. Bassam et moi sommes tous deux des victimes de l’occupation cruelle qui corrompt ce pays depuis quarante ans maintenant. Tous deux sommes venus ce soir pour pleurer le destin de ce lieu qui a enterré nos deux filles, Smadar - << le bourgeon du fruit >> - et Abir - << le parfum de la fleur >>*, qui furent assassinées à dix années d’intervalle, dix années durant lesquelles ce pays s’est empli du sang d’enfants et durant lesquelles le royaume souterrain des enfants que nous foulons jour après jour et heure après heure s’est rempli jusqu’à déborder. Mais ce qui unit Bassam et moi n’est pas seulement la mort à laquelle l’Occupation nous a condamnés. Ce qui nous unit est principalement la foi et l’empressement à élever nos enfants qui nous ont été laissés pour qu’ils ne permettent jamais aux politiciens et généraux corrompus, cupides et assoiffés de pouvoir, de sang et de conquête, de diriger leurs vies et de les dresser les uns contre les autres. Plus jamais ils n’accepteront le racisme qui s’est répandu dans ce pays pour les éloigner du chemin de la paix et de la fraternité qu’ils ont pavé pour eux-mêmes. Parce que seule cette fraternité peut faire s’écrouler les murs du racisme qui se construisent sous nos yeux. Depuis quarante ans maintenant, le racisme et la mégalomanie ont dicté nos vies. Depuis quarante ans, plus de quatre millions de personnes ne connaissent pas le sens de la liberté de circulation. Depuis quarante ans, les enfants palestiniens naissent et grandissent prisonniers dans leurs maisons que l’Occupation convertit en prison, privés de tous les droits auxquels les humains ont droit parce qu’ils sont humains. Depuis quarante ans, les enfants israéliens sont éduqués dans un racisme inconnu dans le monde civilisé depuis des décennies. Depuis quarante ans, ils ont appris à haïr leurs voisins simplement parce qu’ils sont leurs voisins, à les craindre sans les connaître, à voir dans un quart des citoyens de l’Etat un danger démographique et un ennemi intérieur, à voir dans les résidents des ghettos créés par la politique d’occupation un problème devant être résolu. Il y a seulement soixante ans, les juifs habitaient dans des ghettos et étaient vus dans les yeux de leurs oppresseurs comme un problème nécessitant d’être résolu. Il y a seulement soixante ans les juifs étaient enfermés derrière du béton armé et des murs électrifiés surmontés de miradors, et privés de la possibilité de vivre une vie ou d’élever leurs enfants dans la dignité. Il y a seulement soixante ans le racisme rançonnait le peuple juif. Aujourd’hui le racisme dirige l’Etat juif, piétine la dignité des gens et les prive de liberté, et nous condamne tous à vivre en enfer. Depuis quarante ans maintenant, la tête juive s’est incessamment inclinée devant le culte du racisme, tandis que l’esprit juif recherche les chemins les plus créatifs pour dévaster, détruire et démolir ce pays. Voilà ce qu’il reste du génie juif, qui est devenu israélien. La compassion juive, la miséricorde juive, le cosmopolitisme juif, l’amour de l’humanité et le respect de l’autre ont été oubliés. Leur place a été ravie par le racisme. C’était le racisme, seul, qui animait le soldat garde frontière qui a sorti son arme de son véhicule et tiré dans la tête de la petite Abir alors qu’elle se blottissait contre le mur de son école par peur du véhicule militaire qui était dans la cour de l’école comme si le lieu lui appartenait. Seul le racisme pousse les conducteurs de bulldozers à démolir les maisons habitées, à détruire vignes et champs, à déraciner les oliviers centenaires. Seul le racisme peut inventer des routes sur lesquelles la circulation est organisée sur la base de la race, et seul le racisme pousse nos enfants à humilier des femmes qui pourraient être leurs mères et à abuser des vieillards aux diaboliques checkpoints, à frapper des jeunes gens de leur âge qui, comme eux, veulent conduire leurs familles à la mer pour s’y baigner, et à regarder impassiblement les femmes accouchant sur la route. Seul le pur racisme motive nos meilleurs pilotes à larguer des bombes d’une tonne sur des immeubles résidentiels, et seul le racisme permet à ces criminels de bien dormir la nuit. Parce que le racisme élimine la honte. Ce racisme a érigé pour lui-même un monument à son image - un mur hideux, rigide, menaçant et envahissant. Un monument qui clame au monde entier le bannissement de la honte dans ce pays. Ce mur est notre mur de la honte, c’est le témoignage du fait que nous avons cessé d’être une lumière parmi les nations pour être << un objet de disgrâce pour les nations et de raillerie pour tous les pays >>. Et ce soir, nous devons nous demander que faire de notre honte ? Comment nous débarrasserons-nous de cette disgrâce ? Mais tout d’abord, comment se fait-il que la honte ne nous empêche pas de dormir la nuit ? Comment consentons-nous à voir la moitié de nos salaires utilisée pour l’exécution de crimes contre l’humanité ? Comment en sommes-nous arrivés à réduire la honte à deux colonnes dans les journaux, et à ne lui consacrer pas davantage que les minutes que nous consacrons à la lecture rapide d’articles de Gideon Levy et Amira Hass, comme on lit un reportage sur un scénario connu d’avance ? Comment en sommes-nous arrivés à désigner la souffrance, la faim, la malnutrition, les traumatismes des enfants, l’invalidité, les orphelins et le deuil, quotidiens et sans fin, sous un seul mot aliénant : << la politique >> ? Comment se fait-il que nos enfants continuent de parader et se de se pavaner dans les uniformes de la brutalité qu’ils portent quand ils servent dans l’armée du massacre et de la destruction ? Comment se fait-il que toutes les splendides institutions du monde se tiennent à l’écart et ne peuvent rien faire pour sauver un enfant de la mort ou pour enlever un bloc de béton du mur de la honte ? Comment se fait-il que toutes les organisations pour la paix et les droits de l’homme ne sont pas capables d’arrêter les jeeps des gardes frontières qui viennent terrifier les écoliers et les tuer, ne sont pas capables d’arrêter un bulldozer en route pour démolir une maison habitée, de sauver un olivier de la destruction ou une écolière qui a perdu son chemin pour l’école et s’est retrouvée dans la ligne de mire des soldats de l’Occupation ? L’une des réponses à ces questions est que l’Etat d’Israël est capable de réduire au silence et de paralyser le monde entier parce qu’il y a eu l’Holocauste. L’Etat d’Israël a acquis le permis de maltraiter une nation entière parce que l’antisémitisme existe. L’Etat d’Israël crée un désastre existentiel - économique, social et humain - sur ses citoyens et ses sujets et personne n’ose le stopper parce que Hitler a existé. Et tout cela pendant que les survivants de l’Holocauste subissent l’ignominie de la faim dans ce pays. Ce soir nous devons lancer un appel au monde pour nous aider à nous débarrasser de la honte. Ce soir nous devons expliquer au monde que s’il veut sauver le peuple israélien et le peuple palestinien d’un holocauste imminent qui nous menace tous, il est nécessaire de condamner la politique d’occupation. L’empire de la mort doit être stoppé dans sa course. Tous les criminels de guerre qui enlèvent leurs uniformes et ont l’intention de voyager dans le monde doivent être arrêtés, jugés et emprisonnés au lieu d’être autorisés à jouir des plaisirs de la liberté alors qu’ils traînent toujours derrière eux une caisse résonnante pleine de crimes de guerre. Et le temps est venu pour nous d’arrêter de livrer nos enfants à un système éducatif qui leur inculque des valeurs fausses et racistes et leur apprend que leur apport à la société se résume à abuser et tuer les enfants des autres. Le temps est venu pour nous de leur expliquer que la population locale de ce lieu n’est pas divisée entre juifs et non-juifs comme cela est écrit sur leurs livres d’école, mais entre d’un côté, humains voulant vivre en paix et dans le calme en dépit de tout, comme Bassam Aramin et beaucoup d’autres, qui, si les lois raciales ne restreignaient leurs déplacements, serait à nos côtés aujourd’hui, et, de l’autre, ceux qui ont perdu leur humanité et prennent du plaisir dans la destruction et la dévastation. Et le temps est venu pour nous de dire à nos enfants qu’ils sont en vie. Aujourd’hui, tandis que le monde civilisé aime calomnier et diffamer le système éducatif palestinien, il n’y a aucun livre scolaire en Israël contenant une photographie présentant un Palestinien comme une personne ordinaire. Il n’y a aucun livre scolaire en Israël qui contient une carte montrant les vraies frontières de l’Etat. Il n’y a aucun livre scolaire en Israël dans lequel le mot << occupation >> apparaît. Nos enfants sont enrôlés dans l’armée d’occupation sans connaître le lieu où ils vivent et sans connaître son histoire et ses habitants. Ils rejoignent l’armée, pleins de haine et de peur. Nos enfants sont éduqués à voir toute personne non juive comme le Goy, l’Autre, qui génération après génération cherche à nous détruire. Cette éducation rend la tâche aisée à l’administration militaire pour faire des enfants des monstres. C’est pourquoi le seul moyen d’empêcher nos enfants de devenir des marionnettes dans les mains de la machine de destruction est de leur apprendre l’histoire de ce lieu, de leur dessiner ses frontières, de les aider à connaître les voisins, leur culture, leurs usages, leur (politesse) et leurs droits sur la terre où ils vivent et ont vécu depuis bien des générations avant que les pionniers sionistes n’arrivent sur la terre promise d’Israël. Et, par-dessus tout, leur enseigner de ne pas se soumettre à l’Etat, de ne pas respecter son autorité, parce que l’Etat est dirigé par des voleurs insignifiants et des opportunistes ignobles qui ne contrôlent pas leurs pulsions sexuelles et autres même dans les moments les plus affreux et dirigent ce pays selon les lois de la mafia. Tu as tué un des miens - je tuerai cent des tiens. Tu m’as lancé une bombe artisanale - je larguerai sur toi cent des bombes les plus élaborées et destructrices du monde, qui ne laisseront aucune trace de toi ou de ta famille ou de tes voisins. Tu as brûlé une de mes voitures, alors je brûlerai une de tes villes. C’est la logique d’un monde criminel. Ce soir nous devons penser à ceux qui sont condamnés à mort l’année prochaine, et à ceux qui sont condamnés à tomber dans le crime sous couvert de la loi et de l’uniforme. Nous devons tous les sauver. Nous devons à tous leur apprendre à ne pas obéir aux ordres qui, même s’ils sont légaux au regard des lois raciales de cet Etat, sont manifestement inhumaines. Et par-dessus tout, ce soir nous arrêter pour un instant, nous tous, et regarder le visage de la petite Abir Aramin, sa tête touchée par derrière, dont le meurtrier ne connaîtra jamais de jugement dans ce pays et ne sera jamais puni comme il le mériterait, et nous demander : << Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue ? >> Nurit Peled-Elhanan, lauréate du Prix Sakharov, pour les droits de l’homme et la liberté de pensée, du Parlement européen.

Remarque techinque suite

Soumis par Anonymous le lun, 07/02/2007 - 06:16.
Je disais donc "le copier -coller du niveau de n'importe quel èlève de madrassa , et je complète, par la reproduction INTEGRALE ou quasi d'un rapport, d'un livre, ou autre , sans aucune analyse de fond ,venant étayer ou soutenir son point de vue me fait peine à voir . Pas un mot sur ce que j'appellerai l'enseignement de la haine dans les livres scolaires palestiniens, pas un mot sur la fièrté des mères palestiniennes envoyant leurs rejetons à la mort, pas un mot sur Farfour, pas un mot sur la lobotomisation des esprits de ces gamins. Pas un mot sur l'incapacité patente palestinienne de se constituer un Etat digne de ce nom doté d'institutions ( démocratiques) , pas un mot sur les miliards de fric octroyés pour leur développement, et transformés en allocations d'assistance ad vitam eternam , et constitution d'arsenaux. J'arrête là, car la liste serait trop longue . Les analyses objectives se font avec des lunettes, et non avec un simple monocle .

et pas un mot non plus sur

Soumis par Anonymous le jeu, 10/09/2008 - 20:27.
et pas un mot non plus sur les pauvres gentils palestiniens qui n(ésitent pas a tuer et a torturer leurs propres frères palestiniens "pour la cause" c'est une véritable timbrée qui cache bien son jeu!!

Shalom-Salam

Soumis par Anonymous le Mar, 07/03/2007 - 18:59.
Tant qu'il n'y à pas de dérapages, il faut etre pour la liberté d'éxpréssion,et d'un droit fondamental de pouvoir critiqueer la politique d'occupation israelienne.Etant de conféssion juif askénaze je revendique ce droit à le pensée et la libre éxpréssion

Remarque "technique" pour les thuriféraires pro palestinens

Soumis par Anonymous le lun, 07/02/2007 - 05:47.
Que tout internaute souhaitant émettre un avis sur le site "Palestine info" du Hamas, se voit averti par une des conditions de modération suivantes: " veuillez ne pas ....attaquer une organisation politique ou privée . Tout commentaire sera supprimé . Veuillez ne pas COMMENTER l'avis d'une autre personne , ou CONTESTER son point de vue " . Le tout limité à 200 mots ,et ah oui , j'oubliai, en vous demandant votre adresse e mail .Et pourquoi donc ? Messieurs les avocats du Hamas et consorts, essayez de bénéficier de la liberté d'expression démocratique à Gaza ,sans prendre le risque de se voir précipité du haut d'un immeuble de 12 étages,de se voir " canardé " dans une manifestation ,ou si vous êtes hospitalisé, se voir bénéficier d'une assurance anticipée fin de vie !Essayez de trouver le "Chalom Archav palestinien . Essayez de mettre en cause l'article 7 de la Charte du Hamas " Le jour du Jugement ne viendra pas tant que les Musulmans combattent les Juifs et tant que le Juif se cache derrières des pierres et des arbres . Les pierres et les arbres diront " Oh! Abdulla, il y a un Juif derrière moi .Viens et TUE LE " .Les bulletins de vote ,ce ne sont pas des bulletins , mais des Kalachnikov et autres ! Enfin le "copier-coller " c'est vraiment du niveau de n'importe quel élève de madrassa !

Ce rapport est incontéstable et reflete la réalité

Soumis par Anonymous le lun, 07/02/2007 - 03:06.
Merci à vous madame ou monsieur?.Qui peut-etre plus objéctif et neutre ci se n'est pas Amnésty international agence neutre et sans parti pris.Ce rapport reflete la réalité sur le térrain en Paléstine occupé.Ceux qui nient l'évidence sont complices d'une éxtermination de masse,par l'occupation criminelle de l'état d'Israel, qui culpabillisera, comme c'est le cas actuèllement de l'europe à l'égard du peuple juif.

CHARABIA

Soumis par Anonymous le lun, 07/02/2007 - 11:03.
ARRETE LE CHARABIA C'EST FINI LA VERITE EST CONTROLABLE DU COTE ISRAELIEN ,ET CERTAINEMENT PAS DU COTE PALESTINIEN !!!!! L'EXEMPLE C'EST BIEN GAZA !!!! CE SONT LES PALESTINIENS QUI LE DISENT ET PAS LES ISRAELIENS OK ALLEZ BASTA PASSONS A AUTRE CHOSE DE PLUS SERIEUX!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Rien compris?

Soumis par Anonymous le Mar, 07/03/2007 - 14:14.
Cher mr,vous ete d'une incohérence total.

QUE REPOND TU A CA ?

Soumis par Anonymous le lun, 07/02/2007 - 02:07.
Index AI: MDE 15/033/2007 4 Juin 2007 ISRAËL ET TERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPÉS Une occupation persistante : les Palestiniens de Cisjordanie en état de siège AMNESTY INTERNATIONAL Document Public Index AI : MDE 15/033/2007 ÉFAI Embargo : 4 juin 2007 SOMMAIRE Glossaire 1. Introduction 2. Le mur/barrière : confiscations illégales de terres 3. Bloqués en permanence 4. Le motif des restrictions : les colonies israéliennes 5. Des «avant-postes» soutenus par le gouvernement 6. Sous les décombres : les démolitions d'habitations palestiniennes 7. Les colons bénéficient de l'impunité 8. Les attaques contre les défenseurs des droits humains 9. La destruction de l'économie et l'augmentation de la pauvreté 10. Les restrictions violent le droit international 11. Recommandations GLOSSAIRE CICR Comité international de la Croix-Rouge CIJ Cour internationale de justice Dunum Unité de mesure équivalente à un quart d'acre (1 000 dunums = un kilomètre carré) FAO Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture ILS Nouveau shekel israélien (100 ILS = 23,80 USD ou environ 18 EUR) IWPS International Women's Peace Service (Service international des femmes pour la paix) PAM Programme alimentaire mondial (ONU) PIDCP Pacte international relatif aux droits civils et politiques PIDESC Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels PITH Présence internationale temporaire à Hébron, mission internationale d'observateurs originaires de six pays qui surveillent la situation à Hébron TPO Territoires palestiniens occupés 1. Introduction Khaled Daud Faqih n'avait que six mois quand il a été tué, le 8 mars 2007, à un poste de contrôle de l'armée israélienne. Ses parents, originaires du village de Kafr Ain, tentaient de l'emmener d'urgence à l'hôpital de Ramallah, en Cisjordanie, mais des soldats israéliens les ont fait attendre au poste de contrôle. Daud Faqih, enseignant, a déclaré à Amnesty International : «Mon fils Khaled avait du mal à respirer. J'ai appelé un voisin qui a une voiture et nous sommes immédiatement partis pour l'hôpital de Ramallah avec ma femme et notre bébé. C'était plus rapide que d'attendre qu'une ambulance arrive jusqu'à notre village. Il était presque minuit et demi. Khaled avait déjà eu ce genre de crise, nous l'avions emmené à l'hôpital où on l'avait mis sous oxygène et il s'était toujours rétabli. «Nous sommes arrivés au poste de contrôle d'Atara vers une heure moins le quart du matin. Il fallait dix minutes pour rejoindre l'hôpital. Les soldats nous ont retenus. Ils étaient cinq. Je leur ai dit que mon bébé était malade et que nous devions l'emmener d'urgence à l'hôpital de Ramallah. Je leur ai parlé en hébreu. Ils nous ont demandé nos cartes d'identité. Le chauffeur et moi avons présenté les nôtres, mais ma femme avait oublié la sienne dans la précipitation. Je l'ai dit aux soldats et ils ont répondu qu'ils ne pouvaient pas nous laisser passer sans sa carte d'identité. Je les ai suppliés. Ils ont regardé à l'intérieur de la voiture et ont constaté qu'il n'y avait rien ; ils ont vu que le bébé avait du mal à respirer et qu'il était agité de tremblements. Je leur ai dit que chaque minute, voire chaque seconde, comptait, que le bébé avait besoin d'oxygène de toute urgence. Ils nous ont dit d'attendre, j'ai continué à les supplier. Et puis le bébé est mort à une heure cinq. Je l'ai dit aux soldats. Ils ont braqué une torche sur l'intérieur de la voiture et ont vu que le bébé ne bougeait plus. Ils nous ont dit qu'on pouvait passer. Nous sommes quand même allés à l'hôpital, où les médecins ont confirmé que Khaled était mort.» De tels cas ne sont pas nouveaux ni exceptionnels. Depuis des années, les centaines de postes de contrôle et de barrages qui obligent les Palestiniens à faire chaque jour de longs détours pour se rendre à leur travail, à l'école ou à l'hôpital entravent l'accès aux services de santé et entraînent des complications médicales, des accouchements aux postes de contrôle, voire des décès de malades. La Cisjordanie, qui fait l'objet du présent rapport, est un territoire relativement petit (130 kilomètres du nord au sud et 65 kilomètres d'ouest en est dans sa partie la plus large, soit une superficie totale de 5600 kilomètres carrés). Elle est sillonnée par un réseau de postes de contrôle et de barrages de l'armée israélienne – 550 environ – ainsi que par un mur/barrière au tracé sinueux d'une longueur de 700 kilomètres du nord au sud qui encercle des villages palestiniens et des quartiers entiers de Jérusalem-Est et des environs. Les autorités israéliennes affirment que ces bouclages et restrictions sont nécessaires pour empêcher les Palestiniens de pénétrer en Israël afin d'y commettre des attentats-suicides, entre autres attaques. Toutefois, presque tous les postes de contrôle, clôtures et routes barrées ainsi que la plus grande partie du mur/barrière se trouvent à l'intérieur de la Cisjordanie et non entre Israël et la Cisjordanie. Ils empêchent les déplacements entre les villes et villages palestiniens, isolent et séparent les Palestiniens de leurs proches, de leurs terres, de leur travail, de leur école, des services de santé, et détruisent l'économie palestinienne. Selon la Cour internationale de justice (CIJ), le mur/barrière tel qu'il est érigé à l'intérieur des territoires occupés est illégal. Les restrictions draconiennes imposées depuis des années par les autorités israéliennes aux deux millions de Palestiniens au moins qui vivent en Cisjordanie sont illégales, car elles sont disproportionnées et discriminatoires et violent le droit à la liberté de mouvement. Elles sont imposées à tous les Palestiniens parce qu'ils sont palestiniens et dans l'intérêt des colons israéliens dont la présence en Cisjordanie constitue une violation du droit international. Ces mesures doivent être levées sans délai. La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis juin 1967 Superficie totale : 5600 km2 (130 kilomètres environ du nord au sud et 65 kilomètres d'ouest en est) Plus de 200 colonies israéliennes et «avant-postes» illégaux Plus de 500 postes de contrôle et barrages de l'armée israélienne 700 kilomètres de routes interdites aux Palestiniens Un mur/barrière de 700 kilomètres dont 80 p. cent se trouvent sur des terres palestiniennes Contexte : l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens La violence entre Israéliens et Palestiniens s'intensifie depuis le déclenchement de l'Intifada en septembre 2000. Quelque 4000 Palestiniens, des civils non armés pour la plupart, dont 800 enfants environ, ont été tués par l'armée israélienne. Beaucoup ont trouvé la mort à la suite de bombardements, de tirs d'artillerie ou d'autres attaques contre des camps de réfugiés et des zones densément peuplées dans l'ensemble des territoires palestiniens occupés (TPO). D'autres ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires ayant également coûté la vie à de très nombreuses personnes qui se trouvaient sur les lieux. Au cours de la même période, plus de 1100 Israéliens, parmi lesquels 750 civils dont 120 enfants, ont été tués par des groupes armés palestiniens. Certains ont trouvé la mort dans des attentats-suicides ayant visé des autobus, des restaurants, des centres commerciaux et d'autres endroits fréquentés par des civils ; d'autres ont été tués par balle. Les homicides et les attaques imputables aux deux camps ont fortement diminué en 2005 à la suite d'une trêve informelle (tahadiyeh ou accalmie) proclamée au début de cette année-là par des groupes armés palestiniens. Toutefois, en 2006, alors que le nombre d'homicides d'Israéliens par des groupes armés palestiniens continuait de diminuer pour atteindre son niveau le plus bas depuis le début de l'Intifada (soit une baisse de moitié par rapport à 2005), le nombre d'homicides de Palestiniens imputables à l'armée israélienne a été multiplié par trois par rapport à l'année précédente(1). Environ un tiers des civils israéliens tués par des groupes armés palestiniens étaient des colons établis dans les TPO. Les Palestiniens considèrent ces derniers comme les principaux responsables de la confiscation et de l'appropriation de leurs terres et de leurs ressources naturelles ainsi que des restrictions imposées par l'armée israélienne à leurs déplacements à l'intérieur de ces territoires. Plusieurs facteurs ont contribué à brouiller aux yeux des Palestiniens la distinction entre l'armée israélienne et les colons, qui sont des civils. Citons, entre autres, la transformation de bases militaires israéliennes ou d'écoles dans les TPO en colonies israéliennes, ainsi que le rôle fondamental joué par l'armée israélienne dans l'installation et le maintien des colonies, depuis la confiscation des terres et la construction d'infrastructures jusqu'à la mise en place de zones d'exclusion autour des colonies pour empêcher les Palestiniens de s'en approcher. De nombreux Palestiniens opposés aux attaques visant des civils israéliens en Israël considèrent les colons israéliens dans les TPO comme des cibles tout aussi légitimes que les soldats israéliens. Le fait que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international ne change rien au statut des colons israéliens, qui sont des civils et qui, à ce titre, ne doivent en aucun cas être pris pour cible. Amnesty International n'a cessé de condamner les attaques menées par des groupes armés palestiniens contre des civils israéliens, tant en Israël que dans les TPO, et a exhorté ces groupes à y mettre immédiatement fin(2). 2. Le mur/barrière : confiscations illégales de terres Le mur/barrière d'une longueur de 700 kilomètres érigé par Israël en Cisjordanie, du nord au sud et dans certains quartiers de Jérusalem, a des conséquences néfastes à long terme pour la vie des Palestiniens et il empêche la population de dizaines de villages et de localités de jouir de certains droits fondamentaux(3). L'édification du mur/barrière est terminée sur plus de la moitié du tracé et la construction se poursuit. Des dizaines de milliers d'oliviers et d'autres arbres ont été arrachés et de vastes étendues de terres agricoles ont été détruites. Des dizaines d'habitations ont été démolies et plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ne peuvent plus se rendre sur leurs terres, qui constituaient leur moyen de subsistance. Selon les autorités israéliennes, le mur/barrière représente une «mesure défensive conçue pour empêcher l'entrée de terroristes, d'armes et d'explosifs dans l'État d'Israël…»(4). Toujours selon elles, il a pour seul but de «garantir la sécurité»(5). Or, pour l'essentiel, le mur/barrière n'est pas construit entre Israël et la Cisjordanie, sur la Ligne verte (la ligne d'armistice fixée en 1949 qui sépare l'État d'Israël de la Cisjordanie occupée). Il est édifié à près de 80 p. cent sur des terrains palestiniens à l'intérieur de la Cisjordanie, isolant des villes et villages palestiniens, séparant des familles, coupant les habitants de leurs terres, des écoles, des établissements de soin et d'autres services essentiels, et séparant les populations des réservoirs et des sources d'eau potable(6). Données sur le mur/barrière(7) Si l'édification du mur/barrière est réalisée conformément au dernier tracé prévu en 2006 : • 60500 Palestiniens de 42 villes ou villages de Cisjordanie seront enserrés entre le mur/barrière et la Ligne verte ou vivront dans des zones fermées ; • 12 de ces villages et environ 31 400 Palestiniens seront complètement encerclés par le mur/barrière ; • plus de 10 p. cent des terres palestiniennes de Cisjordanie, soit 57518 hectares, se trouveront au-delà du mur/barrière(8) ; • plus de 500000 Palestiniens vivront à moins d'un kilomètre du mur/barrière. Les autorités israéliennes sont tenues de garantir la sécurité des personnes vivant à l'intérieur des frontières d'Israël, y compris en empêchant l'entrée en Israël d'individus susceptibles de représenter une menace pour la sécurité du pays. Toutefois, ces mesures ne doivent pas violer les obligations d'Israël au regard du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits humains. Les mesures liées à la sécurité doivent être nécessaires, proportionnées et non discriminatoires. Elles peuvent par exemple prévoir la construction de barrières, de murs ou de clôtures sur le territoire israélien, mais en aucun cas à l'intérieur de la Cisjordanie occupée. Vu son tracé sinueux, le mur/barrière est deux fois plus long que la Ligne verte. Cette structure complexe d'une largeur de 50 à 100 mètres est dotée de barbelés, de tranchées, de chemins de patrouille et de routes pour les véhicules blindés de chaque côté, ainsi que de zones tampons et de zones interdites d'accès d'une profondeur variable. Le tracé englobe plus de 50 colonies israéliennes dans lesquelles vivent plus de 80 p. cent des colons, ainsi que de vastes étendues de terres qui les entourent. Le mur/barrière créera une contiguïté territoriale de ces colonies avec Israël tout en isolant ces zones du reste de la Cisjordanie. Le mur de la mort «Danger de mort – Zone militaire – Tout individu franchissant ou endommageant cette barrière met sa vie en péril.» Ce message rédigé en hébreu, en arabe et en anglais est affiché tout au long du mur/barrière, comme le montre la photographie. En réalité, le simple fait de s'approcher du mur peut mettre une personne en danger de mort. Le 19 décembre 2006, Duaa Nasser Abdelkader, quatorze ans, a été abattue par des soldats israéliens alors qu'elle jouait à proximité du mur/barrière avec une amie âgée de douze ans dans le village de Farun, au sud de Tulkarem. Rien n'indiquait que ces écolières pouvaient représenter une menace pour les soldats israéliens qui ont tiré dans leur direction depuis une tour de garde fortifiée. Selon des informations parues dans la presse israélienne à propos de l'enquête ouverte par l'armée, un soldat aurait reconnu avoir tiré sur les écolières alors qu'elles s'éloignaient en courant(9). L'adjudant a été muté et a reçu un blâme, et la police militaire aurait ouvert une enquête. À la connaissance d'Amnesty International, aucun des soldats impliqués n'avait été traduit en justice au moment de la rédaction du présent rapport. La gravité des conséquences du mur/barrière pour les Palestiniens de Cisjordanie n'est apparue que longtemps après que la plupart des dommages eurent été causés. L'édification d'un mur/barrière dans certaines zones de la région a été approuvée en 2001 par un comité ministériel et le tracé de la première portion a été validé par le gouvernement en juin 2002. La carte intégrale du tracé envisagé n'a toutefois été rendue publique par les autorités qu'en octobre 2003, longtemps après le début des travaux(10). Les délégués d'Amnesty International qui se sont rendus en Cisjordanie entre la mi-2002 et la mi-2003 ont constaté que les Palestiniens dont les terres étaient directement affectées par le mur/barrière n'ont pratiquement pas été informés par les autorités israéliennes. La plupart d'entre eux ont trouvé, accompagnés de cartes, des ordres de confiscation de leurs terres accrochés à des arbres ou posés sous des pierres par des soldats israéliens dans les zones où le mur/barrière devait être édifié. Les cartes étaient peu claires – il s'agissait généralement de photocopies de mauvaise qualité – et ne comportaient pas d'échelle ni d'autre élément permettant d'établir le tracé exact du mur/barrière. Ce n'est qu'au moment où les bulldozers israéliens ont commencé à arracher des arbres et à creuser des tranchées que les Palestiniens ont pu comprendre quel serait le tracé du mur/barrière. La destruction de biens par une puissance occupante est prohibée, même avec un préavis suffisant, «sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires»(11). En fait, «la destruction et l'appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire» constitue un crime de guerre(12). Qui plus est, les confiscations de terres palestiniennes pour la construction du mur/barrière sans préavis suffisant ni consultation et en l'absence de procédure régulière sont assimilables à des expulsions forcées – autres violations du droit international(13) – et empêchent presque totalement beaucoup de Palestiniens de contester le tracé du mur/barrière ou l'appropriation de leurs terres. Pendant les deux années qui ont suivi l'approbation du tracé de la première portion du mur/barrière par le gouvernement israélien, la Cour suprême a rejeté toutes les requêtes introduites par des Palestiniens pour contester le tracé de l'édifice en Cisjordanie. Ce n'est que le 30 juin 2004, alors que la CIJ allait rendre un avis consultatif, que la Cour suprême a ordonné une modification du tracé dans la région de Beit Surik, au nord de Jérusalem, afin que le mur/barrière englobe moins de terres palestiniennes. Néanmoins, la décision de la Cour suprême admettait que des terres palestiniennes soient saisies, détruites et isolées de leurs propriétaires dans l'intérêt des colonies israéliennes, dont la présence dans les TPO est pourtant illégale(14). Le gouvernement israélien a publié un tracé révisé du mur/barrière au moment où la Cour suprême rendait son arrêt à propos de Beit Surik. Depuis, cette juridiction a ordonné des modifications de tronçons du mur/barrière dans certaines zones, mais cela concerne moins de 10 p. cent du tracé. De plus, certaines de ces modifications n'ont pas été mises en œuvre. Dans tous les cas, elles ne réduiraient que partiellement les conséquences négatives pour les Palestiniens habitant ces zones. Jérusalem-Est Près de 200 000 Palestiniens de Jérusalem-Est occupée, illégalement annexée par Israël, pâtissent également de la construction du mur/barrière. Beaucoup sont isolés de la Cisjordanie. Certains, notamment les habitants de Kufr Aqab et du camp de réfugiés de Choueifat, se retrouvent de l'autre côté du mur/barrière et doivent passer par des postes de contrôle pour entrer à Jérusalem(15). Par exemple, le 15 septembre 2005, la Cour suprême a ordonné au gouvernement de réfléchir à un projet de tronçon du mur/barrière à proximité de la colonie israélienne d'Alfe Menashe, au sud de Qalqiliya, qui n'engloberait aucun village palestinien. Le tracé révisé d'avril 2006 place trois des cinq villages et une partie de leurs terres à l'extérieur du mur/barrière, tandis que les deux autres villages restent dans l'enclave. En mai 2007, les modifications du tracé n'avaient pas été mises en œuvre et les cinq villages étaient toujours enclavés. Dans les régions où la construction du mur/barrière est terminée, l'agriculture palestinienne, principal moyen de subsistance des villageois, est détruite, ce qui a des conséquences désastreuses pour les Palestiniens. Des restrictions draconiennes sont imposées aux agriculteurs qui ont obtenu un permis pour se rendre sur leurs terres. Les portes que peuvent emprunter les agriculteurs détenant un permis sont éloignées les unes des autres et ne sont ouvertes que deux ou trois fois par jour (le matin et l'après-midi) pendant environ une demi-heure. Les soldats qui sont censés les ouvrir sont souvent en retard. Les villageois sont uniquement autorisés à se rendre dans leurs champs à pied et ils ne peuvent emprunter que la porte pour laquelle un permis leur a été délivré. Ils doivent ensuite marcher jusqu'à leurs terres. Les tracteurs ne sont autorisés à passer que dans des cas exceptionnels, sous réserve que leur propriétaire ait obtenu un permis spécial supplémentaire. Ces restrictions sont une source de difficultés considérables pour les personnes concernées. Qui plus est, l'armée israélienne a tendance à n'accorder des permis pour le passage des portes agricoles qu'aux paysans âgés. Par conséquent, la plupart des familles ne peuvent plus cultiver correctement leurs terres – dans le meilleur des cas –, les conditions de travail étant trop dures et les membres âgés de la famille n'étant pas en mesure d'assumer toute la charge de travail. Des manifestants visés par des tirs Les soldats israéliens font souvent une utilisation excessive et injustifiée de la force contre les Palestiniens et les pacifistes israéliens ou étrangers qui protestent contre le mur/barrière. Plusieurs centaines de manifestants ont par exemple été blessés dans le seul village de Bilin, où des manifestations ont lieu tous les vendredis depuis deux ans. Le 8 décembre 2006, des délégués d'Amnesty International ont vu des soldats israéliens postés sur le toit d'une maison tirer en direction d'enfants qui leur jetaient des pierres sans représenter une véritable menace pour eux. À l'intérieur de la maison, la famille, terrifiée, qui comptait de jeunes enfants, a déclaré aux représentants de l'organisation que la présence des soldats sur son toit la mettait en danger. La plupart des personnes blessées lors des manifestations contre le mur/barrière ont été touchées par des balles en métal recouvertes de plastique, souvent tirées à très courte distance. Les coups de crosse de fusil sont également fréquents. Matan Cohen, un Israélien de dix-sept ans, a été blessé à l'œil par une balle en métal recouverte de plastique tirée par un garde-frontière israélien. Il participait, le 24 février 2006, à une manifestation contre le mur/barrière dans le village de Beit Sira, au sud-ouest de Ramallah, en Cisjordanie(16). L'armée israélienne tire parfois avec des balles réelles contre des personnes qui manifestent à proximité du mur/barrière. Gil Naamati, un Israélien de vingt-deux ans, a été grièvement blessé à la jambe le 26 décembre 2003 après avoir été atteint par plusieurs balles tirées par des soldats israéliens près du mur/barrière dans le village de Masha. Cet ancien soldat a déclaré : «J'ai fait partie de l'armée et je connais les consignes d'ouverture du feu. Ce que j'ai fait était bien éloigné de ce qui, selon moi, justifie d'ouvrir le feu […] C'est incroyable.»(17) Le gouvernement israélien affirme que le mur/barrière n'est pas censé être une «frontière politique». Toutefois, le Premier ministre Ehoud Olmert et d'autres responsables gouvernementaux ont déclaré à plusieurs reprises qu'Israël avait l'intention de maintenir les vastes blocs de colonies en Cisjordanie occupée, c'est-à-dire les colonies qui se trouvent actuellement à l'ouest du mur/barrière. Les déclarations des avocats représentant l'État israélien, en réponse aux requêtes de Palestiniens qui sollicitaient une modification du tracé du mur/barrière, révèlent également que ce dernier est conçu comme devant englober les colonies israéliennes ainsi que d'importantes étendues de terres qui les entourent. Par exemple, en réponse à une requête introduite en 2003 devant la Cour suprême par des habitants palestiniens des villages d'Azzun et de Nabi Elias (au nord de Qalqiliya), en Cisjordanie, qui sollicitaient la démolition du mur/barrière, le représentant du ministère public a souligné que celui-ci devait être édifié sur le tracé choisi «pour protéger les parties sud et est de [la colonie de Tzufim]». Il a ajouté : «En élaborant le tracé dans la région, nous avons pris en considération l'existence d'un projet qui n'a pas encore été approuvé par les autorités.»(18) Il faisait allusion à un important projet d'expansion de la colonie de Tzufim, et notamment à la construction d'une zone industrielle. Le mur/barrière empiète sur environ sept kilomètres à l'intérieur de la Cisjordanie afin d'englober la colonie de Tzufim ainsi qu'une vaste étendue de terres aux alentours. Cette colonie d'environ 1000 habitants est relativement petite, mais les projets de construction dont ont eu connaissance les organisations israéliennes de défense des droits humains B'Tselem et Bimkom montrent qu'une expansion importante de la colonie est envisagée. Le mur/barrière est terminé depuis longtemps dans cette zone. Depuis 2003, les habitants de quatre villages palestiniens et d'une ville proches de la colonie de Tzufim sont séparés de la plus grande partie de leurs terres – environ 12000 dunums, soit 12 kilomètres carrés au total, 2000 dunums supplémentaires ayant été détruits pour faire place au mur/barrière. Les deux tiers des terres agricoles de Jayyous et la moitié des villages de Falamya et d'Azzun sont désormais du côté israélien du mur/barrière et la plupart des villageois ne peuvent pas y accéder. Une campagne de grande ampleur et de longues batailles juridiques ont été menées par les agriculteurs palestiniens de Jayyous, qui ont obtenu que les portes donnant sur leurs terres soient ouvertes du matin au soir. Cet arrangement, unique, n'a pas été reproduit ailleurs. De plus, l'amélioration n'a pas duré. En novembre 2006, l'ouverture des portes a de nouveau été ramenée à une demi-heure trois fois par jour (matin, midi et soir). Qui plus est, à la fin de l'année, l'armée israélienne a fermé les deux portes utilisées par les paysans de Jayyous, ce qui les a obligés à emprunter une porte située plus au nord, à proximité du village de Falamya. Cela n'a fait qu'aggraver leur situation déjà difficile. Les agriculteurs de Jayyous qui souhaitent obtenir un permis pour franchir la porte doivent accompagner leur demande d'un avis favorable des services de sécurité, d'une carte d'identité et d'un acte de succession (ikhraj qaid) des terres ou des biens auxquels ils veulent accéder. Il est extrêmement difficile d'obtenir un acte de succession, car les legs, qui relèvent du droit musulman coutumier, ne sont généralement pas enregistrés. Il faut faire une déclaration à la mosquée, publier une annonce dans la presse, obtenir la signature de tous les frères et sœurs, entre autres bénéficiaires, et comparaître devant un tribunal des successions avec deux témoins. Tous ces documents doivent ensuite être photocopiés et certifiés, ce qui entraîne des frais. Ensuite, il faut se rendre trois jeudis au Bureau de coordination de district, un organe dépendant de l'armée israélienne dans les TPO, situé dans la colonie de Kedumim, pour accomplir les formalités. Les personnes qui ont un emploi doivent obtenir l'autorisation de s'absenter de leur travail. En général, seules les personnes dont le nom figure dans l'acte de succession peuvent déposer une demande. Un enfant peut le faire au vu du certificat de son père, mais pas un neveu, une nièce ni un cousin. Les permis ne sont jamais délivrés à des personnes qui ne possèdent pas de terres au-delà du mur/barrière, alors que les Palestiniens travaillent généralement en famille, des parents et des amis se joignant à eux au moment des récoltes. L'espoir anéanti Depuis la fin de 2002, le mur/barrière sépare la famille Quzmar, qui vit dans le village d'Izbat Salman, au sud de Qalqilya, de la plus grande partie de ses terres, qu'elle ne peut plus cultiver. Les plus jeunes n'ont pas obtenu de permis pour accéder aux terres familiales, tandis que les membres plus âgés qui bénéficient d'un permis ne peuvent parcourir la distance trop importante entre leur domicile, les portes et leurs terres. Pour atteindre leurs champs situés à proximité du domicile familial mais au-delà du mur/barrière, ils doivent marcher une heure jusqu'à la porte puis de nouveau une heure jusqu'à leurs terres, à l'aller comme au retour, dans certains cas en transportant des récoltes ou des outils. La famille Quzmar venait tout juste d'investir ses économies dans l'amélioration de la productivité de sa ferme quand elle a été informée de l'édification du mur/barrière. Elle avait construit un système d'irrigation perfectionné et des serres qui ont été en partie détruites pour faire place au mur/barrière. Elle a perdu tout espoir pour l'avenir. Comme à d'autres endroits, le mur/barrière a été construit pour englober la colonie israélienne d'Oranit et des terres avoisinantes, en vue d'une future expansion. Le village d'Izbat Salman, qui avait déjà été privé de la plus grande partie de ses terres après la création de la colonie d'Oranit en 1984, a perdu la plupart de celles qui lui restaient. Cinq villages palestiniens proches de Qalqiliya (Al Dabaa, Wadi al Rasha, Ras al Tira, Ramadi al Janubi et Arab Abu Farda) sont enserrés dans une enclave entourée par le mur/barrière. Le tracé de ce dernier a été conçu de manière à englober la colonie israélienne d'Alfe Menashe, située à l'intérieur de la Cisjordanie, cinq kilomètres à l'est de la Ligne verte, ainsi qu'une vaste étendue de terres aux alentours, sur lesquelles une expansion importante de la colonie est prévue. Plus de 1000 Palestiniens vivent quasiment en état de siège dans ces cinq villages. Les écoles, les dispensaires et les terres sont en dehors de l'enclave. Les habitants doivent obtenir un permis pour habiter dans leur propre maison, un autre pour se rendre dans le reste de la Cisjordanie et rentrer chez eux, et encore un autre pour entrer et sortir de l'enclave en voiture. Les personnes et les marchandises qu'ils transportent sont inspectées par des soldats israéliens postés aux différentes portes ; le passage de certains produits, comme les bonbonnes de gaz pour la cuisine, est souvent refusé. Les habitants doivent également obtenir un permis pour recevoir des visiteurs palestiniens, ce qui s'avère difficile voire impossible. Même les ambulances n'ont pas le droit de pénétrer dans l'enclave sans autorisation de l'armée israélienne. Il est presque impossible d'obtenir le permis nécessaire pour construire une maison. Des habitations ont déjà été démolies, et d'autres risquent de l'être à leur tour, car elles avaient été construites – avant l'édification du mur/barrière – sans le permis que les familles n'ont aucun espoir d'obtenir. À l'isue d'une bataille juridique prolongée, la Cour suprême a rendu un arrêt, en septembre 2005, qui a ordonné au gouvernement de modifier le tracé du mur/barrière dans cette zone de manière à réduire les conséquences négatives pour les villageois palestiniens. Selon le nouveau projet, trois des cinq villages (Al Dabaa, Wadi al Rasha et Ras al Tira) ne seront plus dans l'enclave. Toutefois, ces propositions n'avaient pas été mises en œuvre au moment de la rédaction du présent rapport. Même si ces modifications sont appliquées, les habitants des villages palestiniens situés à l'intérieur de l'enclave finiront par devoir partir car de telles conditions de vie sont insupportables. La CIJ s'est penchée sur la construction par Israël du mur/barrière à l'intérieur de la Cisjordanie occupée. Elle a conclu, en juillet 2004, que cette mesure constituait une violation du droit international. Dans son avis consultatif, elle a déclaré qu'Israël devait mettre immédiatement un terme à la construction du mur/barrière à l'intérieur des TPO, démanteler les tronçons déjà édifiés et indemniser les Palestiniens affectés par la construction(19). Le gouvernement israélien a rejeté les recommandations de la CIJ. La vallée du Jourdain devient une enclave Depuis mai 2005, l'armée israélienne a renforcé les restrictions concernant l'accès à la vallée du Jourdain (la partie est de la Cisjordanie), transformant cette vaste région fertile en enclave. Étant donné la topographie des lieux, on ne peut y accéder depuis le reste de la Cisjordanie qu'en empruntant quelques routes qui sont toutes contrôlées par des postes de l'armée israélienne. Des tranchées et des monticules de terre ont été ajoutés pour rendre la zone encore plus hermétique. Un permis spécial est désormais nécessaire pour se rendre dans la vallée du Jourdain, ce qui en restreint l'accès aux Palestiniens, qui doivent prouver qu'ils résident dans cette zone, y possèdent de la terre ou y travaillent. Ceux qui résident officiellement dans d'autres districts de Cisjordanie se voient refuser le passage aux postes de contrôle et sont harcelés et expulsés, même s'ils vivent ou travaillent dans cette zone depuis des années. Majida Fawzi, une mère de sept enfants dont l'aîné a quinze ans, habite le village d'Ain al Beida, dans le nord de la vallée du Jourdain. Elle a déclaré à Amnesty International qu'en février 2006 des soldats israéliens s'étaient présentés un soir à son domicile et qu'ils l'avaient emmenée avec ses enfants de l'autre côté du poste de contrôle. Majida Fawzi résidait depuis des années dans la vallée du Jourdain, mais n'avait pas fait modifier l'adresse de son domicile sur sa carte d'identité. La famille a par la suite été autorisée à rentrer chez elle et Majida Fawzi a pu faire modifier sa carte d'identité car elle était en mesure de prouver qu'elle résidait de longue date dans la vallée du Jourdain. Mais les gens qui se sont installés récemment dans la région n'ont pas cette possibilité. Traditionnellement, les personnes qui possédaient des terres ou vivaient dans la vallée du Jourdain passaient les mois les plus chauds de l'année à Naplouse ou dans des villages voisins où beaucoup étaient enregistrés comme résidents. Les agriculteurs recrutaient souvent des travailleurs saisonniers en dehors de la vallée du Jourdain et ceux-ci comptaient sur les travaux agricoles saisonniers dans cette zone pour nourrir leur famille. À cause des nouvelles restrictions, les personnes qui cherchent du travail ne peuvent pas pénétrer dans la vallée du Jourdain car elles n'y exercent pas un emploi ; inversement, elles ne peuvent pas trouver de travail puisqu'elles ne sont pas sur place. L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 15 décembre 2006, la résolution A/ES-10/L.20 établissant un «Registre de l'Organisation des Nations unies concernant les dommages causés par la construction du mur dans le territoire palestinien occupé» (Registre des dommages), comme la CIJ l'avait recommandé en juillet 2004 et conformément à la demande du secrétaire général des Nations unies. Selon cette résolution, le Registre des dommages sera basé à Vienne (Autriche) et composé d'un conseil comptant trois membres, qui n'ont pas encore été désignés. Il «servira à consigner de manière exhaustive et sous forme documentaire les dommages causés à toutes les personnes physiques ou morales concernées par la construction du mur par Israël, puissance occupante, dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est». Aucune de ces mesures n'avait toutefois été prise en avril 2007. Dans son avis consultatif, la CIJ a fait observer que les réparations devaient effacer les conséquences de l'acte illégal et rétablir le statu quo ante, qu'une indemnisation appropriée devait être versée si une restitution en nature n'était pas possible, et que des dommages et intérêts devaient être alloués pour les pertes subies qui ne seraient pas couvertes par la restitution en nature ou l'indemnisation. La CIJ a indiqué : «Israël est en conséquence tenu de restituer les terres, les vergers, les oliveraies et les autres biens immobiliers saisis à toute personne physique ou morale dans le territoire palestinien occupé. Au cas où une telle restitution s'avèrerait matériellement impossible, Israël serait tenu de procéder à l'indemnisation des personnes en question pour le préjudice subi par elles. De l'avis de la Cour, Israël est également tenu d'indemniser, conformément aux règles du droit international applicables en la matière, toutes les personnes physiques ou morales qui auraient subi un préjudice matériel quelconque du fait de la construction de ce mur.» Cela signifie qu'en plus de démolir le mur/barrière édifié sur les terres palestiniennes occupées, restituer les biens saisis et octroyer une indemnisation ou d'autres formes de réparation pour les dommages matériels subis, Israël doit indemniser les Palestiniens pour la perte de revenus découlant de la construction du mur/barrière. On ignore toutefois si les dommages causés aux terrains communaux, aux infrastructures civiles, à l'eau et aux autres ressources naturelles ainsi qu'à l'environnement relèvent du mandat du Registre des dommages. La création de ce registre constitue une avancée importante, mais il est essentiel que près de cinq ans après les premiers dommages liés à la construction du mur/barrière, les mécanismes nécessaires soient mis en place pour fournir une voie de recours efficace et des réparations aux dizaines de milliers de Palestiniens qui continuent de subir un préjudice. 3. Bloqués en permanence Adel Omar, vingt et un ans, est mort le 17 février 2007 après avoir été retenu par des soldats israéliens à la porte située entre le village d'Azzun Atmeh et la ville voisine de Qalqiliya. Il avait été blessé à la suite d'un accident de tracteur. Le village est encerclé par le mur/barrière et on ne peut en sortir que par une porte qui ferme à 22 heures. Adel Omar est arrivé au poste de contrôle après 22 heures et les soldats ont refusé, pendant plus d'une heure, d'ouvrir la porte. Il était encore vivant quand il a été autorisé à passer, mais il est mort avant d'arriver à l'hôpital, distant de quelques kilomètres seulement. Ismail Said Ibrahim al Sifi, quarante-quatre ans, est mort le 12 décembre 2006 durant le trajet entre son village de Tel et l'hôpital de Naplouse, situé à quelques kilomètres. Il est décédé quelques minutes avant d'arriver à l'hôpital, le taxi qui le transportait ayant dû faire un long détour par une route non goudronnée à travers les collines. Les soldats israéliens qui avaient bloqué la route principale n'ont pas autorisé le véhicule à passer, alors qu'Ismail al Sifi avait perdu connaissance et avait besoin de soins médicaux en urgence. L'hôpital de Naplouse n'est situé qu'à dix minutes du poste de contrôle, mais le trajet sur la route cahoteuse a pris plus d'une demi-heure. Les décès dans de telles circonstances ne sont pas nouveaux. Rula Ashtiya, par exemple, a été contrainte d'accoucher sur un chemin de terre, à côté du poste de contrôle de Beit Furik, après que des soldats israéliens eurent refusé de la laisser passer à l'aube du 26 août 2003. Son bébé est mort peu après. Rula Ashtiya, qui était déjà en phase de travail, se rendait à l'hôpital de Naplouse, situé à quelques minutes. Les soldats n'ont pas tenu compte de son état et de sa détresse évidente, ni des supplications de son mari. Ils leur ont simplement refusé le passage sans vérifier leurs cartes d'identité. Ce n'est qu'après que Rula eut accouché et alors que le bébé était déjà mort que les soldats les ont autorisés à franchir le poste de contrôle(20). On ne saura jamais si Adel Omar, le bébé de Rula Ashtiya et d'autres Palestiniens morts alors qu'ils étaient en route pour l'hôpital auraient pu être sauvés si des soldats israéliens ne les avaient pas retenus à un poste de contrôle. Mais ce qui est certain, c'est qu'ils auraient pu arriver plus vite à l'hôpital, ce qui leur aurait donné plus de chances de survivre. Il est également évident qu'aucune de ces personnes n'était susceptible de représenter une menace pour la sécurité d'Israël puisqu'elles ne tentaient pas de pénétrer en Israël. Elles voulaient simplement se déplacer entre leurs villages et des villes voisines à l'intérieur de la Cisjordanie. Les postes de contrôle, bouclages et autres obstacles perturbent la vie des Palestiniens dans tous les domaines, y compris en ce qui concerne les événements familiaux et sociaux importants. Muhammad Fudah n'a pas pu se marier, le 8 février 2007, des soldats israéliens lui ayant refusé le passage à deux postes de contrôle alors qu'il essayait avec ses invités de rejoindre un village voisin où la cérémonie devait avoir lieu. Il a déclaré à Amnesty International : «J'ai quitté mon domicile du camp de réfugiés de Nur al Shams, à Tulkarem, avec mes proches. Mon mariage devait avoir lieu dans le village de Beit Lid. Ce n'est pas très loin et nous ne nous attendions pas à des problèmes particuliers aux postes de contrôle […] Toutefois, quand nous sommes arrivés au poste de contrôle d'Anabta, les soldats israéliens m'ont refusé le passage, ainsi qu'à plusieurs jeunes parmi mes proches. Aucun jeune homme originaire de Tulkarem n'a été autorisé à passer. Un des membres de ma famille qui parle couramment hébreu a expliqué aux soldats que nous allions à Beit Lid pour mon mariage, mais ils ont refusé de nous laisser passer. Nous avons décidé de nous rendre à un autre poste de contrôle, à côté du village d'Al Ras. Là aussi, le passage m'a été refusé, ainsi qu'à plusieurs de mes proches. Les soldats nous ont dit de rentrer chez nous à Tulkarem car on ne nous laisserait pas aller à Beit Lid. «Mon parent a de nouveau expliqué aux soldats que nous allions à Beit Lid pour mon mariage, mais ils n'ont rien voulu entendre. Ils ont dit que les hommes et les femmes âgés de seize à trente ans n'étaient pas autorisés à passer. Les Israéliennes qui surveillent les postes de contrôle [Machsom Watch] étaient là, elles ont parlé aux soldats, mais cela n'a rien changé. Une heure plus tard, les membres de ma famille qui étaient plus jeunes ou plus vieux ont été autorisés à se rendre à Beit Lid. Je suis rentré à Tulkarem avec les autres, puis nous sommes retournés au poste de contrôle d'Anabta. Mais il était trop tard et nous avons dû reporter le mariage au lendemain. J'ai finalement réussi à rejoindre Beit Lid par un chemin détourné et j'ai pu me marier.» Les représentantes de Machsom Watch (Surveillance de barrages), un groupe d'Israéliennes militant pour les droits humains, qui se trouvaient au poste de contrôle d'Al Ras ont noté les faits suivants : 13 h 50 : aucune personne (homme ou femme) âgée de seize à trente ans et originaire de Tulkarem, de Naplouse, de Jénine et des villages environnants n'est autorisée à aller vers le Sud. 14 h 44 : une voiture transportant un marié arrive au poste de contrôle. Le mariage est célébré à Beit Lid. Le marié est originaire de Tulkarem et il est jeune ; on lui refuse le passage. L'un de ses proches, qui est de Taibé et parle couramment hébreu, essaie de convaincre les soldats de le laisser passer. 14 h 50 : l'autobus transportant uniquement les femmes et les enfants qui se rendent à Beit Lid pour le mariage arrive au poste de contrôle. Les cartes d'identité sont vérifiées. Cinq jeunes femmes originaires de Tulkarem, dont certaines sont accompagnées de jeunes enfants, doivent descendre de l'autobus. 14 h 59 : elles ne sont pas autorisées à passer. Elles prennent un taxi de l'autre côté de la rue pour rentrer chez elles. Le marié n'a toujours pas été autorisé à passer. Les oncles, les tantes et les autres membres de la famille essaient de trouver une solution. Le parent originaire de Taibé continue d'aller d'un soldat à l'autre pour demander de l'aide. 15 h 10 : on dit au marié qu'il ne peut pas passer. Il se met sur le côté. 15 h 37 : le marié est renvoyé chez lui. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU recense le nombre de postes de contrôle et de barrages en Cisjordanie. Il y en avait 549 en mars 2007 : 84 étaient des postes de contrôle gardés et 465 des barrages non gardés, comme des portes fermées, des monticules de terre ou des tranchées rendant les routes impraticables, des blocs de ciment ou d'autres obstacles bloquant l'accès aux routes(21). Par ailleurs, des milliers de postes de contrôle temporaires, appelés «postes de contrôle volants», sont installés chaque année par des patrouilles de l'armée israélienne dans toute la Cisjordanie pour une durée limitée allant d'une demi-heure à plusieurs heures. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a recensé 624 postes de contrôle volants en février 2007 et 455 le mois précédent. En 2006, il en avait dénombré 7090 au total(22). Le nombre de postes de contrôle a varié ces dernières années. Entre mi-2005 et fin 2005, période durant laquelle les restrictions imposées par l'armée israélienne étaient moins draconiennes qu'elles ne l'avaient généralement été depuis la fin de l'année 2000, il y avait 375 postes de contrôle ou barrages permanents, alors que le nombre de postes de contrôle volants variait entre 260 et 494 par mois(23). Les autorités israéliennes imposent des restrictions plus ou moins sévères aux déplacements des Palestiniens depuis l'occupation par Israël, en 1967, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Ces mesures se sont renforcées dans les années 1990 pour atteindre un niveau sans précédent depuis le déclenchement de la seconde Intifada en septembre 2000. Elles privent les Palestiniens non seulement de leur liberté de mouvement, mais aussi d'autres droits fondamentaux, particulièrement le droit de travailler et de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leur famille, et le droit à la santé et à l'éducation. L'armée israélienne peut également décréter un «bouclage général» dans les TPO, le plus souvent à l'occasion des fêtes nationales ou religieuses israéliennes. Dans ce cas, les Palestiniens ne sont pas autorisés à franchir les postes de contrôle pour entrer à Jérusalem-Est et en Israël, ni pour se déplacer entre les zones palestiniennes proches d'Israël, hormis en cas d'urgence. Or, quand les postes de contrôle sont fermés, il est difficile pour les Palestiniens de prendre contact avec les responsables militaires compétents pour les avertir de l'urgence et obtenir une autorisation de passage ; en outre, une telle démarche prend beaucoup de temps. Avis de l'armée israélienne, mars 2007 Vendredi 2 mars 2007, 0 h 15 Conformément à une décision prise par les instances politiques et après évaluation de la situation en matière de sécurité, un bouclage général sera imposé en Judée, en Samarie [Cisjordanie] et dans la bande de Gaza à partir de ce soir et pour la durée de la fête de Pourim. Lundi 5 mars 2007, 22 h 35 Le bouclage général imposé dans la bande de Gaza et dans la région de Judée et Samarie durant la fête de Pourim sera levé à minuit après évaluation de la situation en matière de sécurité. Premier avis : www1.idf.il/DOVER/site/mainpage.asp?sl=EN&id=7&clr=1&docid=62057.EN (en anglais) Deuxième avis : www1.idf.il/DOVER/site/mainpage.asp?sl=EN&id=7&clr=1&docid=62082.EN (en anglais) Se déplacer dans le dédale des barrages «Je rends rarement visite à ma famille car il faut plusieurs heures pour aller dans leur village, à côté de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, et de nouveau plusieurs heures pour rentrer à Ramallah. S'il n'y avait pas de postes de contrôle ni de barrages routiers et si on pouvait emprunter la route principale tout au long du trajet, on mettrait un peu plus d'une heure. Mais en fait il faut compter quatre, cinq, voire sept heures. Cela dépend des jours, mais il faut toujours beaucoup plus longtemps que la normale. Le trajet de retour est particulièrement difficile, car les déplacements entre le nord de la Cisjordanie et le sud de Naplouse sont très restreints et souvent interdits, dans la plupart des cas pour les hommes de moins de trente ou trente-cinq ans ou même quarante ans ; parfois les femmes ne sont pas non plus autorisées à se déplacer, ça dépend des jours. «Je réside à Ramallah et j'ai plus de trente ans, c'est donc beaucoup plus facile pour moi et en théorie je devrais être autorisé à circuler, au moins la plupart du temps. Mais dans la pratique ce n'est pas aussi simple. D'abord, je n'ai pas de voiture et c'est difficile de trouver un taxi collectif dont tous les passagers remplissent les critères requis. En plus, même quand on est autorisé à passer du nord au sud du carrefour de Zaatara (Tapuah), il faut généralement faire la queue et attendre plusieurs heures au poste de contrôle. «Donc en général, quand je vais voir ma famille, je repars vers deux ou trois heures du matin pour rentrer à Ramallah parce qu'à cette heure-là il y a moins de risques de tomber sur des postes de contrôle volants. Le taxi collectif évite la route principale et emprunte des petits chemins de campagne non goudronnés, ce qui fait qu'on avance très lentement. Il arrive même qu'il quitte les petits chemins pour passer par les champs, tous feux éteints pour ne pas se faire repérer de loin par les postes israéliens. «Le plus difficile, c'est de passer le sud du carrefour de Zaatara. Après c'est facile jusqu'à Ramallah. «En ce qui concerne la délivrance des permis pour se déplacer en Cisjordanie, la situation est peu claire. Beaucoup de gens refusent de faire une demande. L'armée israélienne a répondu à des personnes qui s'étaient adressées au Bureau de coordination de district de Salem qu'elles ne pouvaient pas obtenir ce document ou qu'elles n'en avaient pas besoin. Mais quand elles se présentent au poste de contrôle pour aller au sud de Naplouse, on leur refuse le passage en leur disa